interviews

Lundi 24 juillet 2006

Pour cette première interview du blog "Informer", direction le Languedoc Roussillon, au coeur de la rédaction du quotidien Midi Libre. Christophe Greuet écrit pour la rubrique "culture" du journal. Ciné, livres, Internet... il y a tellement de sujets possibles qu'il y a un an, son blog Culture Café est né. Rencontre avec son concepteur de 35 ans qui entre un post, un article et un bouquin, a gentiment trouvé le temps de répondre à nos questions.

Un blog, c'est comme un café, ça se déguste tous les jours pour rester éveillé ?

C’est un peu ça. Disons que j’essaie de faire 5 ou 6 post par semaine, un peu moins en ce moment à cause des vacances et du peu d’actualité dans les domaines que je traite. Pour continuer sur l’analogie avec le café, c’est vrai que la recherche du sujet chaque matin est toujours assez grisante (donc elle tient éveillé).

Vous écrivez dans les pages culture d'un quotidien : quelles différences y'a-t-il entre vos articles et votre blog ? Sont-ils par exemple complémentaires ?

Je travaille dans un quotidien régional généraliste, et les pages « culture » sont plutôt des pages magazine, où l’on retrouve pèle mêle cinéma, livres, musiques, voyages, célébrités, etc. Donc : 1) il n’y a pas de place pour tout le monde et 2) les sujets traités sont souvent, et c’est normal, très grand public. Difficile donc de passer une critique pour un film japonais indépendant ou un livre à tirage minuscule, car en plus ce n’est pas le rôle du journal.
Donc j’ai créé Culture Café sur la plate-forme blog du journal, pour pouvoir m’exprimer sur les œuvres (cinéma et livres surtout) qui me tiennent à cœur.

Vos posts sont très éclectiques, comment définissez-vous vos sujets ?

Comment je vous le disais, cela dépend un peu de l’humeur du jour ! Il y a des grands événements qu’il ne faut pas manquer (festival de Cannes, rentrée littéraire en particulier) mais pour le reste, c’est très libre. Je reçois beaucoup de livres, et je peux donc sélectionner ceux que je vais traiter dans le journal, sur le blog, et parfois les deux. Pour le cinéma, j’essaie de traiter les films lors de leur semaine de sortie, mais en général je fais plutôt une majorité de critiques de films inédits, que je découvre à Cannes ou grâce à des DVD étrangers.

 

 

Votre blog tend vers le webzine : vous recherchez en effet d'autres plumes pour étoffer vos pages. Vous avez trop de choses à dire et pas assez de temps pour les écrire ?

Ce n’est pas tout à fait ça, car je ne cherche pas des gens qui traiteraient des sujets imposés. J’essaie plutôt de trouver des gens en mesure de me proposer des articles (puis de les écrire, bien sûr) ayant la même sensibilité que celle du blog, car étant seul je ne peux pas être au courant de tout !
C’est ce qui s’est passé avec la rubrique musique, qui est tenue par Xavier Demeersman : il est venu avec des idées qui me convenaient tout à fait, mais depuis il a la liberté des sujets. Mais bien sûr c’est du cas par cas, un collaborateur n’est jamais comparable à un autre.

Lisez-vous beaucoup de blogs ? Si oui, lesquels ?

Paradoxalement je lis assez peu de blogs. Je vais beaucoup sur des sites étrangers, mais pas sur des blogs. Des fois, je tombe sur un blog passionnant en surfant, mais c’est finalement assez rare. Les blogs de cinéma essaient trop souvent d’être la pâle copie de certains sites professionnels comme Allociné ou autres. Je vois mal l’intérêt par exemple, de redonner sur cinquante lignes le résumé de Superman returns une semaine après sa sortie !
Par contre, il y a de nombreux blogs littéraires très intéressants (souvent faits d’ailleurs par des journalistes).
Mais de manière générale, les blogs « personnels » où les gens racontent leur amis, leurs amours et leurs emmerdes, comme dirait Aznavour, me gonflent assez vite.

Mot de la rédaction : Le blog de Christophe Greuet est passionnant à parcourir, surtout pour celles et ceux qui n'ont pas le temps de lire ou de sortir. L'originalité ? La bannière change à chaque visite. Bonne visite sur Culture Café !

Par redaction
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Jeudi 27 juillet 2006


Bienvenue à Los Angeles, sur la Côte Ouest des Etats-Unis, où Emmanuelle Richard, 34 ans, s'est établie depuis 1998. Elle tient son blog depuis 6 ans maintenant, où elle parle de sa vie de française expatriée et de correspondante. Sa future carrière ? Détective privée, comme dans les séries télé qui font la gloire de sa ville d'accueil. Voici son interview, qui prouve que même si on vit dans une atmosphère dédiée au cinéma, on n'en oublie pas pour autant la réalité du quotidien.



Vous avez commencé votre blog il y a 6 ans … qu'est-ce qui vous a poussé à vous y mettre ? Et qu'est-ce qui vous pousse toujours à continuer aujourd'hui ? 

J'avais déjà mon site, et un copain cyberjournaliste, Ken Layne m'a signalée ce logiciel révolutionnaire à l'époque, qui allait me libérer des contraintes de taper du code HTML pour publier en ligne. Au début je ne voyais pas trop l'intérêt, car je venais de suer à prendre des cours d'HTML à l'université et un blog me semblait juste un moyen de mettre à jour un site plus directement. Les copains américains s'y sont mis très tôt, et tout l'intérêt des blogs s'est révélé : on pouvait suivre ce que faisaient les uns et les autres sans avoir à écrire de e-mails ou à téléphoner! 
 
Perso, je me suis mise à utiliser le blog comme un bloc-notes et un marque-pages publics. Comme je couvrais pas mal les nouveaux médias et l'Internet en général pour Libération, le blog rassemblait surtout des liens à des phénomènes et des anecdotes qui ne justifiaient pas pour autant un article dans le journal. Donc, en gros, j'ai commencé par mimétisme, pour rester en contact avec mes amis et le secteur que je couvrais professionnellement.

Je continue sur un mode différent, mais essentiellement pour cultiver ces relations, et pour rester en contact avec des lecteurs appréciateurs. Le blog me sert de "3ème oeil", pour reprendre une expression de l'acteur Colin Farrell interviewé l'autre jour (ca me vient à l'esprit car je viens de retranscrire ses propos mémorables... je ne suis pas fan du type, loin de là! ) : il disait que son séjour en cure de désintox lui avait permis de suspendre le temps et de contempler sa vie. Le blog permet de faire une petite pause dans nos journées de folie, de trier, de mettre de l'ordre et de faire le point.
 
A qui s'adresse votre blog ? Comment avez-vous eu l'idée d'écrire chaque article en français et en anglais ?

Je n'ai jamais réfléchi à qui je m'adressais, mais au bout d'un moment, quand tout le monde s'est mis à bloguer et que des sites bien plus intéressants ont rassemblé des liens similaires, j'ai voulu donner un aspect  "service public" à mon blog : des lecteurs américains me disaient qu'ils le lisaient pour pratiquer leur français, alors pourquoi ne pas offrir une traduction? En plus, comme je n'écrivais plus tellement pour des médias américains, cela me permettait de pratiquer un peu l'écriture en anglais.

Une prof de français du Texas m'a horrifiée en m'apprenant que le blog était parfois étudié par ses élèves, car je sais qu'il contient pas mal de fautes d'orthographe et de grammaire, que j'essaye de limiter. Mon frère Olivier me signale mes anglicismes et mon mari Matt corrige les paragraphes en anglais.
 
On perçoit bien la plume de journaliste en lisant vos posts. Est-ce que la détective que vous êtes en train de devenir aura aussi son blog ?

Pour tout dire, je crois que ce serait plus intéressant : les blogs de journalistes sont légion, mais je n'ai encore jamais déniché de blog de détective privé sur son quotidie, sauf un faux blog sur MySpace pour le héros d'une nouvelle série télévisée policière !  Cela pose des problèmes de confidentialité, car il faudrait rester très vague sur ses activités. Par définition, les détectives n'aiment pas révéler leurs secrets, comme les magiciens. En même temps, le blog serait sans doute un ouvrage personnel plus truculent.

L'écriture a toujours été douloureuse, et c'est l'aspect du journalisme qui m'attire le moins. D'où les mises-à-jour sporadiques du blog, car après de longues journées de boulot, passer encore une heure à blogger devant un écran ressemble trop... au boulot au justement. 
 
Vous avez eu quelques soucis avec des commentaires parfois déplacés…

Au moment de la guerre en Irak, des francophobes ont déversé leur bile dans les commentaires, mais ont été mis KO par d'autres participants plus éclairés. J'ai banni seulement ceux qui se mettaient à insulter directement des personnes, ou à souhaiter leur mort, notamment au moment des kidnappings de journalistes français en Irak.

J'ai de la chance d'avoir recueilli sur le blog des commentaires vraiment intéressants. Souvent, les lecteurs m'épatent et m'apprennent plein de choses. 

Lisez-vous beaucoup de blogs de journalistes ?

En fait, je lis avant tout les blogs de mes amis et collègues, qui se trouvent être journalistes pour la plupart. A force de connaitre beaucoup de bloggers personnellement, et de les croiser en soirées ou ailleurs, on a tendance à rester dans la blogosphère des familiers. C'est une question de temps libre limité (bienvenue dans l'univers du journalisme freelance!). C'est dommage, car j'estime que tout l'intérêt des blogs est de donner une tribune à des non-journalistes qui nous ouvrent sur autre chose, mais je visite ces sites seulement occasionnellement, au gré de recherches et de clics en série.

Il y a un aspect cruel des blogs que l'on ne mentionne pas assez, à mon sens : certes, les systèmes de blog gratuits ont démocratisé l'accès à la publication sur le Net et c'est formidable, mais il faut savoir écrire pour être lu. Avoir du style, être engageant, soigner la forme: tout cela n'est pas donné à tout le monde. Les journalistes ont un avantage sur ce plan là, d'où leur sur-représentation. Mais les jeunes s'approprient le Web sans forcément maitriser l'écriture: j'étais à une conférence de jeunes étudiants américains (18-19 ans) qui ne visitent jamais de blogs mais passent leur vie dans des communautés comme MySpace ou FaceBook, où ils s'expriment par chat ou en vidéo.

Mot de la rédaction : le blog d'Emmanuelle Richard est passionnant à lire. Vivre à L.A., côtoyer les américains, s'ouvrir sur le monde... les posts sont des moments de vie qu'elle partage comme des petits reportages. Et puis, on prend des cours d'anglais en s'informant. Quant à la bannière, designée par Terry Colon, elle est tout simplement géniale :)

Voir le blog d'Emmanuelle Richard

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Mercredi 2 août 2006

Nous voici aujourd'hui au Chili, plus particulièrement à Valparaiso. Une ville au nom paradisiaque, déclarée patrimoine de l'humanité par l'Unesco, où vit Gilles Roman. A 42 ans, ce journaliste français nous fait découvrir via son blog ses pensées politiques, économiques, culturelles et touristiques sur son pays d'adoption. A Valparaiso se trouve la maison de Pablo Neruda... de quoi avoir envie de toujours prendre sa plume.

Ecrivez-vous pour des medias chiliens ou français ?
En ce moment je n´ai pas de piges mais mes blogs me donnent
beaucoup de travail. En fait quand je suis arrivé au Chili, je ne parlais
pas l´espagnol. J´ai ouvert un commerce (un cybercafé) et j´ai pris le
temps de connaître la langue, de rencontrer beaucoup de monde. Aujourd´hui,
j´ai l´impression de connaître bien mieux ce pays, sa diversité, ses
contradictions, et je sens que je peux apporter des éléments de
compréhension à ceux qui s´intéressent à l´Amérique latine.

Comment se passent vos journées ?
Je passe beaucoup de temps à essayer de trouver les moyens de financer mon
activité. J´ai pris contact avec des agences de publicités pour créer un
portail de sites internet sur l´Amérique latine. L´idée se développe bien.

Sinon, avec ma femme, nous avons mis en place une autre activité, un bed and breakfast, qu´on a appelé « le petit prince ».

Pourquoi avoir choisi de vivre au Chili ?
J´ai fait un premier voyage au Chili en 1998, juste après la finale de la
coupe du monde de football entre la France et le Brésil. L´Amérique latine
m´a toujours attiré mais je ne connaissais pas ce continent. L´occasion
s´est présentée et à l´origine je pensais visiter d´autres pays (un rêve de
globe trotter). Mais finalement je me suis arrêté à Viña del mar, près de
Valparaiso.  Aujourd´hui, huit ans ont passé et je suis toujours là !

Pour moi les bénéfices sont énormes, en particulier sur le plan humain. Les
chiliens sont des gens très sympathiques et accueillants pour les étrangers,
surtout lorsqu´ils viennent d´Europe. Le pays est une merveille, avec une
richesse étonnante (des glaciers de Patagonie au désert d´Atacama !)

Depuis quand votre blog existe ?
J´ai créé le blog il y a huit mois, juste avant de vendre mon café internet,
avec l´idée de revenir à mon activité première, le journalisme.

Vous parlez beaucoup de politique dans vos posts : où en est la liberté de
la presse dans ce pays ?

C´est une question très compliquée. Le pays donne l´impression d´une grande
liberté. Des sujets apparement tabous sont abordés, mais en fait tout est 
corrompu par l´argent. C´est un gigantesque centre commercial et la seule
boussole des médias est l´audience. Cela donne des résultats très
surprenants . Hier par exemple, la télévision nationale a abordé le sujet de
la torture durant la dictature. Pour un sujet pareil, on aurait pu
s´attendre à beaucoup de tact, des interviews « intimistes ». Au lieu de
cela, le programme a choisi de scénariser des actes de tortures et de viols
avec des acteurs, en alternance avec des interviews de victimes !
Insoutenable !

Connaissez-vous beaucoup de blogueurs vivant au Chili ?
En fait je les lis beaucoup, mais je les fréquente peu. Les blogs se
développent beaucoup ici. Il y a une très forte volonté d´expression en
dehors des médias et du « marché ». Depuis quelques mois apparaissent des
journaux alternatifs, exclusivement sur internet, et surtout des forums de
discussion, comme Granvalparaiso.cl, qui battent des records de visites.

Mot de la rédaction : le blog de Gilles Roman est un véritable dépliant de vie chilienne. On y apprend beaucoup sur le tourisme et le quotidien. Dépaysement assuré !

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Lundi 7 août 2006

Au bout de la Bretagne où le ciel rejoint la mer, Mikaël Cabon aime à se jouer des mots et des situations, avec humour et délectation. Journaliste mais aussi écrivain et professeur, ce passionné de 32 ans tient son blog depuis plus d'un an. Rencontre avec un journaliste-sans-rire.

Comment avez-vous eu l'idée d'ouvrir un blog ?

Quand j’étais petit, je n’étais pas grand et j’étais un bavard bien que sur le tard. Avec le temps, cela m’est un peu passé. Cependant, je reste féru de débats, d’échanges, d’idées… De plus, je mets un point d’honneur à essayer d’être dans le sens de l’histoire. Et aujourd’hui je crois que le mouvement blog est actuel par bien des côtés, tout autant que le premier téléphone ou l’invention du PC domestique. La blogosphère en est à ses balbutiements et connaît des errements. Ses imperfections sont à la mesure de ses avantages. Chacun peut s’exprimer avec ce que cela suppose comme radicalisme de pensée, parfois d’impolitesse ou d’agressivité, mais aussi d’originalité, de subtilité, d’humour et de tendresse. "Manque l’espièglerie" et on dirait la vie de Candy.

De quoi parlez-vous sur votre blog ?

Mon blog est semblable à mon bureau : un vrai capharnaüm pour le néophyte mais truffé de points de repères pour moi. Il s’agit à la fois de billets d’humeur sur l’actualité, ce qui en soi n’a rien d’original si ce n’est mon point de vue, mais aussi la reproduction de certains articles publiés, notamment sur Imedias, un site sur l’actualité des médias où je tiens une chronique hebdomadaire décalée sur l’actualité de la télévision. Il y a également la chronique e-politique-e-medias que je viens de débuter sur le site Zdnet dans la catégorie des blogs du site. Parfois il y a les coulisses de certains articles voire même, quand les droits de reproduction me sont personnels, l’intégralité de certains articles et dossiers écrits il y a quelques semaines ou quelques années.

De plus, j’y publie des éléments de cours de culture générale, que je dispense dans un institut de préparation aux concours, ou de marketing. Cette dernière discipline étant à la fois ma formation universitaire, au carrefour des sciences sociales, de l’économie et des statistiques, est une véritable passion. Prochainement, je vais publier le premier chapitre de mon deuxième roman policier pour le tester auprès des lecteurs et recueillir leurs réactions.

Il y a aussi l’interactivité propre aux blogs…

C’est vrai. J’aime aussi participer à ce phénomène de réseau qui permet à une information d’être reprise, lue, commentée parce qu’elle est syndiquée ou reprise sur une multitude de blogs. Des études montrent que deux personnes prises au hasard dans le monde sont à six relations maximum l’une de l’autre. Le monde est petit. Pour les idées cela devrait être pareil. J’ai l’idéalisme de croire que plus les individus sont épris de connaissances, plus ils acceptent les différences et moins ils passent de temps à la niaiserie. L’initiative d'Agoravox, à laquelle je participe comme rédacteur et modérateur, est à mon sens d’une pertinence considérable.

Sur l’audience du blog, c’est un peu plus difficile à dire. 600 visiteurs viennent chaque jour sur mon blog principal, soit 18.000 par mois. Je ne sais pas si c’est beaucoup ou non. Cependant, dans leurs motivations de visite, l’éclectisme prédomine. Et je ne sais pas si mon blog correspond de fait à leur recherche initiale. Ceux qui recherchent la nationalité d’une célébrité de la télévision ou des photos d’Ingrid Chauvin nue, parce que les mots clés tapés sur Google renvoient à mon blog, risquent d’être déçus.
 
Son contenu vient-il compléter les articles presse que vous rédigez ou est-ce totalement différent ?

Ce point est je crois la prochaine perspective, la prochaine évolution du blog. Etre véritablement, dans mon activité de journaliste, un média supplémentaire. Dire ce que l’on n’a pas pu dire dans l’article, par manque de place, parce que cela ne correspondait pas à l’angle choisi… Aller peut-être plus en profondeur, et entrer avec plus d’humanité dans les coulisses de la rédaction d’un article et de la rencontre qui le précède. Le blog permet de plus une évolution de l’article en fonction des événements. Bloggeur professionnel, cela doit être un beau métier. Pour cela, il faut du temps et aussi que cela intéresse les lecteurs dont on sait finalement beaucoup de choses par l’intermédiaire des logiciels de statistiques et à la fois peu car mine de rien, la partie commentaires reste le parent pauvre de mon blog.

Combien de temps vous prend sa mise à jour par semaine ?

C’est difficile à dire. Disons quelques heures. L’informatique c’est fantastique mais ce n’est pas d’une fiabilité extraordinaire et je ne suis pas un technicien hors pair. J’ai monté le blog grâce à Wordpress, en achetant mon nom de domaine, un hébergement et depuis j’essaie de tripatouiller en ajoutant des plugs-ins, en cherchant la meilleure interface pour le lecteur. C’est d’ailleurs l’attente d’une solution technique abordable qui m’a fait patienter avant de me lancer dans l’aventure blog. Je voulais quelque chose qui soit à la fois en adéquation avec le contenu et avec ma personnalité. Durant les phases de reconfiguration ou de changement d’identité visuelle, cela me prend pas mal de temps. En rythme classique, cela reste tout à fait supportable. Toutefois, on se prend très vite au jeu.

Lisez-vous vous-même beaucoup de blogs de journalistes ?

Ce n’est pas pour moi un critère de lecture. Il m’arrive de lire des blogs de journalistes par hasard ou grâce au site Universmedias qui en répertorie un certain nombre. La découverte reste essentielle pour moi. Le plaisir de la nouveauté, d’entrer dans l’intimité de l’autre, avec sa permission, sans voyeurisme.
Avec les blogs, je crois que tout le monde devient un peu journaliste. Je ne crois pas en un statut inattaquable du journaliste avec la carte de presse…. Etre journaliste c’est écrire pour des lecteurs. Beaucoup de bloggeurs n’ont pas cette ambition. Etre journaliste c’est aussi être honnête, vérifier les propos, argumenter, assumer la subjectivité naturelle qui transpire de chacun dans ses articles et maîtriser quelques techniques et méthodes propres à l’écriture.

Vous avez des idées de découvertes…

La première des découvertes à mon sens est celle de l’âme humaine et de sa diversité. Je suis épaté, parfois de l’égocentrisme, parfois de la lourdeur tel à un kouglof (c’est le mot que j’ai pris au hasard aujourd’hui dans le dictionnaire en me forçant à le ressortir au moins une fois dans la journée), et heureusement de l’intelligence aussi et souvent.

Je lis deux blogs de bd : http://www.zanorg.com/frantico/, et le journal d’un (instit) remplaçant ; http://bluecity.free.fr/instit/ et son site principal : http://www.bulledair.com/everland/. Autrement, je consulte l’Internaute et ses sites périphériques.

Mot de la rédaction : Le blog de Mikaël Cabon parle souvent du quotidien combiné à un peu de philo. Les petits détails revêtent finalement une certaine importance, surtout dans la manière de l'écrire. Et donc dans notre manière de le lire. De plus, la touche d'humour n'est pas sans déplaire :)

Par redaction
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Samedi 12 août 2006

Le blog de Mathieu de Taillac respire le soleil et la sangria... mais pas que ça, loin de là ! Journaliste français au quotidien espagnol El Païs, correspondant pour certains medias français, Mathieu de Taillac adore l'Espagne et cela se sent à travers son blog qui nous permet de mieux appréhender nos voisins du Sud. Rencontre avec un journaliste quasi hispanique fort sympathique :)

Depuis quand bloguez-vous ? Et à qui s'adresse votre blog ?
Le premier message de Blogal.info est daté du 26 février 2006. Avant j’avais fait quelques essais sur une autre plateforme, et j’avais apprécié le fait de voir directement les réactions des internautes.
Mon blog est bilingue français et espagnol, il s’adresse à tous les francophones intéressés par l’Espagne, ainsi qu’à tous les hispanophones intéressés par la France et le regard d’un Français sur l’Espagne. Dans les deux cas, il s’agit de transmettre l’actualité et quelques anecdotes d’une culture à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un public à l’autre.

Comment avez-vous eu l'idée de proposer une revue de presse espagnole ?
L’idée n’est pas de moi, mais de Grégory, le webmaster d’EnEspagne.com, avec qui j’ai sympathisé par Internet avant de le rencontrer à Madrid. Grégory m’a proposé d’être collaborateur régulier – et rémunéré- sur son site, et de résumer chaque semaine l’actualité espagnole. Ensuite je reproduis les revues sur Blogal.info. Le projet m’a plu, parce que je pense que c’est un bon outil pour se maintenir informé de ce qui se passe outre Pyrénées sans avoir à lire tous les jours toute la presse espagnole. À ma connaissance, il n’y a pas d’autre revue de presse hebdomadaire disponible gratuitement sur Internet.

Votre blog parle beaucoup de l'Espagne : est-ce l'expatrié français ou le journaliste qui écrit ces posts ?
Les deux mon capitaine ! On touche là au rôle du journaliste correspondant à l’étranger. Mon expérience est encore limitée en ce domaine, mais je crois que l’idée est justement de transmettre journalistiquement ce qui étonne un expatrié à l’étranger, de raconter ce qui peut intéresser un lecteur resté au pays. Dans mon cas, l’expérience est un peu schizophrénique, puisque mon premier employeur est le quotidien espagnol El País. Je travaille donc le plus clair de mon temps pour le lecteur espagnol, et je consacre une partie de mon temps libre aux lecteurs français, soit via les médias français avec qui je collabore, soit à travers mon blog.

Quelle place selon vous les espagnols accordent à Internet dans leur quotidien ?
Les Espagnols sont assez friands d’Internet, et surtout des services de messagerie instantanée de type MSN. J’ai lu récemment que l’Espagne était le premier pays au monde pour la proportion d’internautes qui utilisent ces services de messagerie. En Espagne, 62,6% des internautes sont inscrits à un type de messenger, un pourcentage qui situe le pays juste devant la France (60,3%).
Les blogs sont aussi très vivants, et il existe de vrais médias uniquement numériques qui attirent des centaines de milliers de lecteurs. Bien sûr, en Espagne comme en France, il y a de grandes différences entre les générations et les plus jeunes sont hyper représentés parmi les internautes.

Travailler en France et en Espagne… quelles sont les différences ? Les avantages ?
J’ai fait mes études à Bordeaux. Mon premier travail à peu près stable c’est celui que j’exerce actuellement à El País. En comparant avec mes stages en France, je trouve que l’Espagne est un pays plus dynamique dans le domaine professionnel. Dans le journalisme, c’est un pays qui a dû tout réinventer avec la transition démocratique il y a 25 ans. La modernité politique, sociale, technologique, économique… tout est arrivé en même temps ! Il a fallu improviser, et je crois que cette renaissance a permis d’éviter pas mal des blocages qui peuvent exister en France. Le côté négatif, c’est qu’il y a une précarité professionnelle très importante.
Et puis le gros avantage de travailler à Madrid, c’est que l’on vit en Espagne, mais là c’est une question d’affinités personnelles.

Mot de la rédaction : que l'on soit amoureux de l'Espagne ou tout simplement curieux, le blog de Mathieu nous emporte vers une culture qui nous fera sourire et réfléchir. Les sujets des posts sont très variés, et l'actualité est toujours un prétexte pour souligner le côté social propre à ce pays. A découvrir donc absolument !

Par redaction
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Vendredi 18 août 2006

Sylvie Lasserre fait partie de ces journalistes baroudeuses et curieuses : voyageuse dans l'âme, elle emporte pour bagages les mots qui sauront décrire ce que vivent et ressentent les populations du bout du monde. Aujourd'hui journaliste indépendante basée à Paris, elle continue d'explorer les lointaines contrées via son blog. Qui a dit que Tintin n'avait pas sa version féminine :) ?

Photo copyright Taalaïbek Usubaliev

Quand avez-vous commencé à bloguer et pourquoi ?
C’était il y a un an et demi environ. De retour de voyage, j’éprouve toujours le besoin de mettre à plat mes émotions. C’est à l’opposé du reportage. J’ai d’abord publié ces récits de voyage sur le routard.com. Puis j’ai réalisé que le blog était un excellent médium pour ce faire, offrant une très grande liberté, car on est son propre éditeur.

Quels sont les sujets évoqués dans votre blog ?
Mon blog reste centré sur l’Asie centrale, la région du monde où je travaille régulièrement. J’y édite des récits de voyage, des albums photos, de la musique glanée çà et là dans le monde, des interviews sonores, des épisodes marquants de mes reportages aussi. Enfin, des choses et d’autres. C’est très variable. J’utilise aussi mon blog lorsque j’ai quelque chose à dire ou pour soutenir une cause. C’est un formidable outil.

Que vous apporte de plus le blog par rapport à vos parutions ?
La démarche est totalement différente. Mes reportages ne paraissent que dans la presse. Le blog me permet de parler de la face cachée de mes reportages. En aucun cas ce n’est destiné à la presse. Ce sont les coulisses de mon travail.

Votre blog vous sert-il de fil rouge pour garder contact (avec famille, amis et lecteurs) lorsque vous voyagez à travers le monde ?
En reportage, le temps manque toujours pour écrire, ne serait-ce qu’un carnet de route. Le terrain est la priorité absolue. Je limite donc les contacts avec mes proches à des SMS et des emails lorsque c’est possible. En revanche, de retour en France et lorsque je dispose d’un peu de temps, je tente de rattraper le retard. Effectivement cela permet aussi à mes amis d’en apprendre un peu plus sur mes voyages. L’avantage du blog, c’est que chacun peut venir y piocher à temps perdu ou au moment voulu.

Et vous, lisez-vous beaucoup de blogs ?
Très peu en fait. Je m’efforce de faire une sélection. Je lis les blogs susceptibles de m’apporter l’information sur un thème particulier qui m’intéresse à un moment donné. Cela reste très professionnel.

Mot de la rédaction : le blog de Sylvie Lasserre est très dépaysant. Via ses analyses, il nous enrichit au travers des rencontres et des pensées de son auteur. Ce blog porte bien son nom : grâce à lui, on en découvre tous les jours...

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Vendredi 25 août 2006


Nous voici aujourd'hui dans les Bouches du Rhône, à la rencontre d'Olivier Bonnet. A 42 ans, ce journaliste pigiste aiguise son clavier via son blog pour mieux décortiquer l'actualité. Et comme il le souligne avec humour : "mon blog Plume de presse a démarré exactement le 14 février dernier, le jour de la Saint Valentin. N'y voyez aucun rapport !".



Quels sujets traitez-vous dans votre blog ?
Je parle de tout ce qui, dans l'actualité au quotidien, m'intéresse, m'amuse,
m'étonne ou me révolte. Ce qui ouvre un vaste champ au traitement de sujets
très variés, du football aux peoples, de l'étranger, de la politique et des
problèmes sociaux français à la censure sur les médias, sans oublier la
critique de ces médias eux-mêmes... En outre, certaines catégories du sommaire
de Plume de presse concernent des dossiers spécifiques comme Berlusconi et
l'extrême droite, le conflit Proche-Oriental, l'affaire Clearstram, vie privée
et politique ou corruption dans le football.

Combien de temps passez-vous à le mettre à jour ?
Tout dépend du temps dont je dispose, en fonction de mes commandes d'articles à
destination de la presse papier (qui sont presque toujours du reste aussi
publiés sur le blog). Mais rarement moins d'une heure et demie pour au moins un
billet chaque jour, sauf exception rarissime, c'est plus ou moins long suivant
l'actualité, le sujet et l'humeur. Liberté chérie...

Vous définissez-vous comme un blogueur engagé ? Pourquoi ?
Oui, je ne pourrais le nier ! Parce que je prends très clairement position,
parfois de façon tranchée, polémiste, voire à l'occasion pamphlétaire. Je
pratique le journalisme d'opinion. Et je suis de gauche, si c'est votre
question suivante. Je m'engage pour des valeurs comme la laïcité, la justice, y
compris sociale, la solidarité, la liberté de l'information et les libertés
individuelles.

Quels avantages présente un blog par rapport à une publication presse ?
Sur mon blog, je peux écrire absolument tout ce que je veux, sans demander
d'autorisation à une hiérarchie, sans annonceurs à ne pas froisser ni censure
d'aucune forme, sauf celle de ma propre déontologie. Ceci concerne aussi bien
le ton que je souhaite adopter (corrosif, humoristique, agressif, vibrant,
impertinent...) que les sujets que je traite. Choisir librement de quoi l'on
a envie de parler est un luxe inestimable.

Votre blog est-il complémentaire ou totalement différent de vos articles ?
Tout dépend des articles en question. Certains sont proches des thématiques qui
me sont chères, comme "L'argent fou des grands patrons", écrit en
juillet pour le magazine Newlook, d'autres moins, et introduisent de ce fait une
variété qui me plaît, telle par exemple cette récente enquête sur l'amour au
bureau
, article ayant été écrit pour le magazine Playboy, ce qui ne m'empêche pas d'en
faire profiter les lecteurs de Plume de presse, qui sont de plus en plus
nombreux. J'en profite pour les remercier : du 14 juillet au 14 août, on va
arriver à environ 17 000 visites uniques, pour plus de 33 000 pages vues. Cette
audience est ma fierté.

Mot de la rédaction : vous l'aurez compris, pas de langue de bois sur Plume de presse. Olivier Bonnet prend position et le blog tient ainsi parfaitement sa fonction première de lieu d'expression personnelle. C'est aussi l'occasion pour nous de prendre du recul sur une actu qui peut parfois nous sembler bien anodine...

Par redaction
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Dimanche 3 septembre 2006

En cette rentrée, nous avons rendez-vous en Afghanistan pour rejoindre l'univers du reporter Christophe Vogt. A 40 ans, ce journaliste passionné s'est installé à Kaboul, loin de la tranquillité de son Alsace natale. Malgré la difficulté d'exercer son métier et malgré le danger cotoyé au quotidien, Christophe Vogt a pris le temps de nous répondre avec son sourire qui illumine la première page de son blog. Parce que même si l'Afghanistan est tristement célèbre, cette contrée n'en reste pas moins une terre chargée d'Histoire et avide de s'en sortir. Et Christophe Vogt en témoigne...

Racontez-nous une de vos "journées type"
Ce qui est formidable avec le travail de reporter en Afghanistan, c'est qu'il n'y a pas de journée type. Les journées intenses peuvent être suivies par un long calme avant que tout n'explose de nouveau (souvent au sens propre du terme). Tout ce qui tourne autour de la sécurité est une priorité (nous avons un réseau de correspondants dans les provinces qui nous alertent) et il est parfois difficile de dégager du temps pour des papiers plus décalés ou plus optimistes sur l'Afghanistan qui marche. Un autre aspect très enrichissant, c'est qu'il s'agit ici de journalisme de terrain. Il faut y aller, interroger les gens, se faire une idée sur place, alors que dans bien des pays développés, une bonne liaison internet, un téléphone et une boîte de courrier électronique suffisent à faire un travail assez honnête.
Les journées sont longues (on commence à 08H00 et on finit souvent à 21H00 ou 22H00) et c'est un rythme de 7/7 pendant trois mois avant 12 jours de repos.
Et les informations sur les tueries, attentats et autres soldats tués ou talibans éliminés entament souvent le moral.
 
Pourquoi avoir choisi de vous installer à Kaboul ?
J'étais chef du service économique de l'AFP en Amérique du Nord et j'avais envie de changer d'horizon et de matière. Kaboul s'est imposé parce que le poste se libérait et que ma compagne (d'alors) souhaitait elle aussi y venir pour travailler pour l'Onu. Je suis donc arrivé en octobre 2005, avec 4 mois de congés payés en poche et beaucoup de temps pour découvrir Kaboul. 
 
Pourquoi avoir décidé d'ouvrir un blog consacré à ce pays ?
J'ai eu 4 mois pour me balader dans la capitale, à pied, en taxi, de faire des courses pour la maisonnée et donc de voir la ville au quotidien et aussi ses habitants (la barrière de la langue est une difficulté mais pas insurmontable). J'aime écrire et j'avais besoin de m'occuper. C'est de là que m'est venue l'idée de mon blog, que j'ai commencé en novembre, un petit mois après mon arrivée.

De quoi parle-t-il plus précisément ?
L'idée c'est de partager avec d'autres le quotidien de l'Afghanistan ou du moins de Kaboul. Celui dont les médias ne parlent jamais (à tort sans doute, j'ai été très surpris des encouragements et de l'intérêt que suscitent mes billets les plus quotidiens justement). J'avais envie d'éviter à tout prix l'analyse (je venais d'arriver et je n'avais rien à apprendre à personne). J'aime aussi l'idée de faire part de mes impressions, des choses que l'on voit sans totalement les comprendre. C'est un luxe que permet le blog (par le travail d'agencier ou il vaut mieux savoir ce qui se passe précisément avant d'écrire). Je me suis aussi mis à l'image, quelque chose qui ne m'est pas venu naturellement mais qui s'est imposé. 
 
Où en est le développement internet en Afghanistan ?
Le développement de l'internet reste erratique dans le pays, qui de toute façon n'a que peu de lignes téléphoniques classiques et est souvent privé d'électricité. A Kaboul et dans les grandes villes, on trouve des cafés internet avec du haut débit. Ils sont très prisés par la jeunesse afghane, filles et garçon (les cafés internet sont mixtes) qui s'y envoient des mails ou pratiquent le chat et flirtent (pas virtuellement). Il y a aussi des blogueurs (je ne connais que ceux en anglais, mais cela reste un phénomène relativement limité).
L'Internet est aussi beaucoup utlisé pour le téléphone IP parce que de nombreux afghans vivent à l'étranger et que pour ceux qui y ont accès c'est gratuit ou en tout cas très peu cher comparé au téléphone portable.

Mot de la rédaction : c'est vrai, ça fait un bien fou de découvrir un pays par un autre biais que les JT, même si on n'oublie pas pour autant la guerre qui le ravage. Le blog de Christophe Vogt n'omet rien mais il nous ouvre aussi à une culture méconnue. Oui, ça fait un bien fou.

Par redaction
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Lundi 18 septembre 2006

C'est depuis la région parisienne, à la Celle Saint Cloud plus précisément, que sévit Luc Saint-Elie. Ce journaliste blogue en son et en images, sans omettre bien sûr d'activer sa plume acérée. Quand on lui demande son âge, il répond : "Je suis vieux, très, j'ai 46 printemps, ce qui est une façon elliptique de présenter les choses parce que je me suis tapé également les hivers". Le ton est donné : un brin d'humour blasé et l'interview peut commencer.

Depuis quand existe votre blog ?
Sous cette forme de weblog depuis 3 ans, cela dit ma « page perso » existe depuis 1996. Au début je me paluchais du html, puis j'ai bricolé des trucs en php (qui marchotaient de temps à autre) puis est arrivée l'heure des scripts opensource et mon site perso à suivi toutes ces époques. De page perso codée à la main, il est passé par l'époque du « portail » puis depuis 2002 à celle du weblog et depuis 2003 utilise un script automatique (wordpress).

Pourquoi avoir décidé de mettre du son dans votre blog ?
Parce que ce weblog me sert à expérimenter ces choses. Mais la question est intéressante, ou plus exactement il est intéressant que vous la posiez.  Si le web est textuel, ça n'est pas parce que quelqu'un, après avoir mûrement réfléchi a décrété : « le web sera textuel », c'est juste parce que jusqu'à récemment il n'y a pas de possibilité de faire autrement. Du son et de la vidéo sur le web, ça se faisait il y a 10 ans, en ce sens les weblogs, audioblogs, vidéoblog, si branchés aujourd'hui ne sont que des resucées de très très vieux trucs. Le problème c'est qu'il y a 10 ans tout le monde était connecté par modem et donc que personne ne pouvait écouter ce son ou voir cette vidéo. Aujourd'hui, par la grâce de l'ADSL, on peut diffuser du texte, du son de la vidéo, des animations et c'est une bien bonne chose.

Du coup la question n'est plus « pourquoi mettre du son ? » mais plutôt « pourquoi se limiter à du texte ? alors que tel type de note se prêterait mieux à un traitement audio, tel autre serait plus cohérent en vidéo et tel autre encore ne peut pas s'envisager autrement qu'écrit »
Le nom de mon site est une hérésie d'ailleurs, plutôt que Audioblog il devrait s'appeler touslesmediasdisponiblesblog.fr... mais vous comprenez bien que ce serait pas facile à mémoriser…
Ce site n'est plus ni textuel ni audio ni vidéo, j'utilise ce que j'ai envie d'utiliser (ou que je peux utiliser) en fonction des choses. Par exemple j'aime bien la vidéo, mais pour la présentation d'appareils photo nouveaux, je me suis aperçu que des diaporamas en Flash fonctionnaient nettement mieux.
Par ailleurs, je ne suis pas encore arrivé à faire de la radio (ça va peut être venir) et c'est un de mes vieux fantasmes, donc pendant le temps ou j'ai fait du son seul c'était aussi un moyen d'exorciser ça.

Le phénomène des podcasts, vous vous y attendiez alors ?
Le phénomène des podcasts au sens branché du terme est un épiphénomène dont j'ai annoncé la mort l'année dernière.  Le podcast en tant que moyen de diffusion est une version internet de la VOD (Video on Demand), ce qui explique pourquoi les radios ont sauté dessus et pourquoi les télés y viennent. Il n'y a rien de magique ni de remarquable autour du podcast, c'est juste une évolution logique des moyens de diffusion.

Quels sujets traitez-vous dans vos posts ?
Mon weblog parle de ce qui m'occupe ou m'intéresse au moment ou j'écris le texte, donc en gros pas mal de photo (je m'occupe d'un magazine photo) un peu de vidéo (j'ai une rubrique télé  pour laquelle je tourne mes images et donc je m'intéresse depuis peu à la vidéo), de musique (je suis un aspirant musicien incompétent et donc frustré), de politique parfois (lorsque la politique m'énerve) de médias parfois (lorsque les cénacles médiatiques me font dresser les cheveux sur la tête).

Dans la page « à propos » du site j'ai écrit : « Il ne s'agit pas d'un site d'information au sens ou le site d'un quotidien (par exemple) l'est. Il s'agit à la fois d'un carnet de notes et d'une expérimentation de magazine en ligne. Pour le côté carnet de notes, j'écris ou j'enregistre un certain nombre de choses sur des sujets qui m'intéressent. Certaines de mes notes peuvent être inexactes, en revanche, si je me suis trompé, c'était de bonne foi. […] Ce weblog est de parti-pris. Je travaille au quotidien pour des journaux avec lesquels j'essaie d'être froid et objectif. Ce qu'il y a de bien avec un Weblog, c'est qu'on peut rire des choses qui paraissent bêtes, parler des choses qui paraissent intéressantes et ne pas s'occuper du reste. Ca n'empêche pas le sérieux, mais ça détend. Ce weblog n'a aucune cohérence, ni aucune prétention à en avoir. Vous trouverez des notes sur des sujets très graves, suivies de notes sur des trucs parfaitement futiles. C'est comme ça » . C'est une assez bonne définition du site.


J'ai joint une photo de mon fils sur un bateau pendant les vacances, parce qu'il y a une vie une fois l'écran éteint (et, au fond c'est celle que je préfère)

Vous parlez pas mal de nouvelles technologies... vos billets sont destinés à ceux qui s'y connaissent peu ou aux experts ?
La technologie m'intéresse en tant qu'elle interfère avec  l'humain (je suis psychologue de formation). Cela dit j'ai une casquette de technologue et je vis de ça depuis pas mal d'années, j'assume.

Ce que j'écris est destiné... à moi. Mon weblog est une sorte de monologue, de pense-bête, etc… je doute que quelqu'un qui ne me connaît pas, qui ne connaît pas mon parcours etc.. puisse réellement lui trouver une quelconque intérêt. Mon weblog c'est vraiment une extension de moi, c'est-à-dire un truc assez fouillis, mal écrit, lacunaire, etc….

Ce côté décousu et très lié à qui je suis, a parfois des conséquences rigolotes. L'année dernière j'ai, par inadvertance, déclenché une véritable guerre civile dans les cercles de fanatiques du développement web, simplement parce qu'un matin , après avoir bataillé une nuit avec du HTML, j'ai rédigé une note sur cet énervement, du coup des tas de barbus désoeuvrés et un brin frustrés se sont sentis obligés de déverser des milliers de messages haineux un peu partout à cause de ça. Alors qu'en fait je me fous de ces gens, je ne suis pas du tout un spécialiste du web ni quoi que ce soit du genre. Mais ils ne connaissaient pas mon weblog, ne me connaissaient , pas et du coup ils ont cru que je voulais lancer une croisade pour qu'on leur confisque leurs tétines et ça a été violent (de façon écrite certes, mais violent, injurieux etc..).

C'est un peu le problème du réseau que forment les weblogs, réseau composé d'îlots (qui les regroupe par centre d'intérêt) lesquels forment des caisses de résonance qui produisent peu d'idées nouvelles mais beaucoup d'écho sur ce qui a été dit.

Quelles perspectives voyez-vous pour votre blog et pour les millions d'autres qui existent ?
Pour le mien, il n'a pas de perspective et n'en a pas vraiment besoin. C'est un exutoire qui me permet de faire ce qu'on ne me demande pas de faire par ailleurs. Le jour ou un groupe de presse ou une télé m'occupera à plein temps à faire des trucs qui me passionnent, il est probable que audioblog.fr disparaîtra, ce n'est pas encore le cas.
 

Je n'ai pas d'avis sur les autres, je crois qu'on en fait beaucoup trop autour des blogs, qui ne sont au fond qu'une évolution classique et prévisible de la page perso. Ça n'est pas parce qu'un outil le permet que forcément on a quelque chose à dire, en conséquence de quoi sur ceux que j'ai lu une infime minorité présente de l'intérêt (et d'ailleurs, ce n'est pas souvent  le cas du mien).

Je crois que l'exploitation médiatique du « weblog » est la grande arnaque de notre époque. Le weblog c'est un truc de désoeuvré. Imaginer que parce qu'il existe des scripts php gratuits et des hébergements pas trop chers, tout le monde va se mettre à passer des heures chaque jour à lire les pensées profondes de Jean François Dugenou et de ses 150 000 compagnons de weblogs, est à se taper les cuisses de rire. L'escroquerie du weblog est à la limite du truc dangereux d'ailleurs, parce que du coup les politiques ont bien compris la gigantesque machine à enfumer que ça pouvait représenter.

Je suis un peu méchant, mais vraiment la mode du weblog me faire rire. Des gens qui écrivent des choses intéressantes sur le web il y en a toujours eu, et pour ça il n'y a pas eu besoin d'attendre que quelqu'un ait l'idée de proposer qu'on publie les textes classés par date.

Le fait de focaliser sur le support plutôt que sur le contenu, c'est (avis certes perso) le signe d'une immaturité de la chose. Si monsieur ou madame X a des choses intéressantes à dire, le fait que ce soit sur du papier, sur de la télé, de la radio ou un weblog, ça n'a strictement aucune importance. Le seul avantage du weblog c'est qu'il est plus facile pour monsieur ou madame x de le publier, c'est donc juste un avantage technique, financier, un truc qui n'a rien à avoir avec le contenu.

Ce qui est intéressant c'est que le mot « weblog » est cité partout tout le temps, mais il est très rare de voir citer le nom d'un auteur de weblog, on s'attache à la forme, on lui trouve des vertus magiques, le fond du truc, les gens qui écrivent, passent complètement à la trappe. C'est dommage, mais bon les choses évolueront sans doute.

Mot de la rédaction : AudioBlog est un blog fourre-tout. Sujets parfois compliqués mais qui sont divertissants et variés.
Après cette longue interview, il ne vous reste plus qu'à constater par vous-même.
Aller sur le blog AudioBlog

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Lundi 25 septembre 2006

Oui, "Cossins et Gogosses" est le nom d'un blog très sérieux outre-Atlantique... plus précisément au Canada où nous rejoignons aujourd'hui Jean-François Codère. A 25 ans, ce chroniqueur du Journal de Montréal livre dans ses posts ses remarques sur l'actu high-tech (surtout) et sur le monde qui l'entoure. Son oeil curieux s'associe alors à sa plume humoristique pour nous livrer des tranches de vie et de rires purement canadiens. C'est parti pour faire le tour du propriétaire :

Question purement francophone mais que veut dire "cossins et gogosses" ?
Ce sont des québécismes que l'on pourrait traduire par quelque chose comme "bidules et machins". Au moment de choisir le nom, je souhaitais garder un maximum de portes ouvertes, tout en faisant bien comprendre que le sujet principal serait la technologie, parce que c'est l'un de mes principaux mandats au Journal. Du même coup, ça montre aussi que ce n'est pas le genre d'endroit où l'on se prend au sérieux.

Pourquoi avoir décidé de lancer votre blog ?
Au Journal, je suis journaliste et non chroniqueur. Outre quelques exceptions, des critiques de jeux par exemple, je m'en tiens à un style journalistique plutôt strict.

Il y a deux bonnes raisons qui m'ont incité à proposer à la direction du Journal d'écrire un blogue. La première est de pouvoir traiter brièvement de sujets qui ne trouvent pas leur place dans les pages d'un quotidien avant tout généraliste. La seconde est d'avoir un débouché pour des informations complémentaires aux articles parus dans le Journal. Ce peut être des informations qui n'ont pas été incluses, faute d'espace, des liens multimédia (fichiers PDF, vidéos, sons, etc.) Et bon, c'est vrai que ça permet de se défouler aussi un peu par moments, puisque le style est plus libre.
 
Vous y parlez beaucoup de nouvelles technologies... c'est pour mieux séduire les filles ?
Ouh ! Je crois que j'aurais choisi un autre sujet ! Ceci dit, je suis plutôt surpris de la participation féminine dans les commentaires. J'essaie de ne pas penser que c'est en raison de la petite photo de moi sur la page d'accueil ;-) Plus sérieusement, il est vrai que l'on a tendance à oublier que les filles s'intéressent aux technologies presque autant que les garçons.

Vos posts sont très commentés... vous êtes un blogueur célèbre ? Pourquoi tant de succès d'après vous ?
J'attribuerais d'abord et avant tout ce succès à la promotion dont le blogue fait l'objet sur le portail Canoë, qui est très fréquenté, ainsi qu'à l'occasion dans les pages du Journal (Canoë et le Journal de Montréal font partie du même groupe médiatique). Le fait d'écrire un blogue pour le compte d'un employeur a certes petits inconvénients, en ce sens qu'on ne peut évidemment pas se mettre à déconner totalement, mais il a aussi des avantages comme celui-là.

Et vous-même : est-ce que vous lisez beaucoup de blogs de journalistes ?
Bien peu. Peut-être 2 ou 3 de journalistes/chroniqueurs québécois et un ou deux de journalistes étrangers spécialisés. J'ai découvert par exemple l'intérêt de suivre les textes de journalistes locaux affectés à la couverture d'une entreprise internationale basée chez eux. J'ai par exemple trouvé un blogue d'un journaliste de Seattle couvrant les activités de Microsoft, via lequel j'apprends plein de trucs intéressants. J'en cherche d'autres du même genre.
 


Pour rester dans le ton, je vous envoie une photo prise "sur le terrain", en couverture au E3...

Mot de la rédaction : les posts de Jean-François Codère sont très agréables à lire, surtout pour celles et ceux qui s'intéressent aux jeux vidéos. Pour les autres, autant s'informer avec le sourire :)

Aller sur le blog Cossins et Gogosses

Par redaction
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