Dimanche 6 avril 2008
Laurence fait partie de ces blogueurs militants, toujours à l'affût de la dernière info sur l'écologie ou sur l'humanitaire. Son blog regorge de billets divers et variés, toujours orientés sur le développement et sur les actions humaines. Bref, une bouffée d'espoir. Rencontre avec Laurence.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m'appelle donc Laurence, j'ai 25 ans et je suis maman d'un petit bonhomme de presque 7 mois (métis franco-sénégalais). Je suis jeune diplômée d'un 3ème cycle dans les achats après avoir suivi un cursus marketing.
Par ailleurs je suis assez utopiste et très concernée par la préservation de l'environnement et la solidarité entre les peuples.
 
Comment et quand est née l'idée de ce blog ?
Au départ, j'étais une simple lectrice de blogs. Un jour, un blogueur (Aziz, il tient un blog marketing et NTIC) m'a interpelée et m'a demandé pourquoi ne pas me lancer à mon tour. Je me voyais mal avoir mon propre blog car je ne savais pas du tout de quoi parler et surtout je ne me sentais pas capable d'intéresser qui que ce soit avec d'éventuelles notes...
Il m'a donc demandé ce qui m'intéressait dans la vie et la conversation a vite tourné au brainstorming. Finalement, je trouvais pas mal l'idée de regrouper en un même endroit des thèmes qui m'intéressent, qui suivent plus ou moins l'actualité et de les partager avec d'autres. Ca a donné "Searching for a better world".
 
Quels sont les sujets que tu y traites ?
J'y parle principalement d'actions en relation avec le développement durable, le marketing solidaire, le commerce équitable,de projets rentables qui soutiennent la préservation de l'environnement... En fait j'essaye de présenter de bonnes initiatives qui permettent à plus ou moins grande échelle de contribuer à un monde meilleur (d'où le titre de mon blog).
 
En général, on parle beaucoup de l'aide alimentaire ou du soutien sanitaire... qu'en est-il de la fracture numérique dans les pays pauvres, est-ce selon toi un sujet essentiel/peu important ?
Je pense que c'est un sujet très important. La fracture numérique tient à l'écart une immense partie du monde et la prive d'un levier favorable à son développement. Les populations des pays en développement pourraient trouver dans les NTIC de formidables moyens d'accéder à la formation mais aussi de partager leurs connaissances et mieux faire connaître leur culture.
Un meilleur accès à Internet pourrait aussi inciter les pays les plus défavorisés à améliorer l'alphabétisation de leurs enfants (et particulièrement celle des filles) car cette technologie pourrait représenter un moyen de s'en "sortir".
 
Quelle ONG souhaiterais-tu mettre surtout en avant ? Pourquoi ?
C'est si difficile de choisir une seule ONG car il y a tellement de causes à défendre ! Si je devais en mettre une en avant ce serait peut-être Médecins Sans Frontières pour laquelle je donne depuis plusieurs années maintenant.
Je choisis MSF parce qu'ils viennent en aide à des populations en grande détresse, victimes de la guerre ou de catastrophes naturelles ou humanitaires partout dans le monde. Ils soignent aussi bien les enfants que les adultes, les hommes que les femmes sans distinction politique, de race ou de religion... un vaste travail qui mérite notre soutien selon moi...

Note : le blog de Laurence se lit comme un hebdo : on y découvre plein d'infos et d'idées engagées, ainsi que des focus sur les campagnes menées par beaucoup d'associations. Bonne lecture !
par redaction publié dans : interviews
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Jeudi 2 août 2007
Pour cette interview, direction la Lorraine, quelque part au coeur de Nancy, où Julien Bénéteau décrit sa vie, celle de tous ses voisins et de toute sa ville. Ce reporter de 36 ans croque avec humour le quotidien. Rencontre avec un homme du coin qui se définit comme un cavalier seul...

Pourquoi un "cavalier seul" ?
J'aimais bien cette notion de déambulation solitaire au milieu de l'actualité de ma région. L'idée m'est venue lors du film Rois et Reines, d'Arnaud Desplechins (je sais, ça fait très intello, mais j'assume complètement).

Quand avez-vous lancé votre blog ? Pourquoi ?
J'ai créé ce blog le 15 janvier 2005. J'avais des infos que je n'utilisais pas, d'autres qui entraient en collision et m'amenaient à des remarques que je ne pouvais faire qu'à moi-même. C'était juste une question de place et de style d'écriture qui faisait que cela n'entrait pas dans le cadre du journal. Le blog a été un bon espace pour les y glisser.

Est-ce le journaliste ou la personne qui blogue (si vous estimez qu'il y a une différence) ?
Il n'y a pas de différence entre le journaliste et moi, je baigne dedans depuis trop longtemps maintenant. Cela reste cependant un blog de journaliste avant tout. J'y traite de faits avérés, recueillis par moi ou lus sous la plume de confrères fiables. Je n'y livre pas mes opinions (sauf à l'égard de l'extrême-droite, que je réprouve), ni mes critiques.

Quels sont les sujets que vous évoquez le plus ?
La justice et la politique. Le premier parce qu'il se passe plein de faits anodins qui sont difficiles à évoquer sans parler de toute l'affaire - ce que je peux faire dans le blog - et le second parce que cela permet un autre regard sur la politique régionale - une sorte de Canard Enchaîné à ma sauce.

Quels avantages présentent les posts d'un blog par rapport à un article de journal ?
L'avantage principal est l'interactivité: les commentaires sont immédiats, les liens permettent de guider vers d'autres ressources (un petit clic vaut mieux que bien des explications), et la mise en page peut être plus stylisée. Et encore, je suis sûr que tout ça peut être amélioré. Mais je n'ai pas le temps.

Et vous, que lisez-vous lire sur le web ?
Ce que je lis se trouve en lien en général sur mon blog. J'y ajoute quelques blogs politiques. Mais entre le travail et la rédaction de mon propre blog, cela me laisse guère de temps. Je ne suis pas un gros consommateur d'internet: la vraie vie compte beaucoup pour moi.

Note de la rédaction : les petites histoires sont forcément les meilleures. Au détour d'une grande actualité, on prend plaisir à lire les "à-côté", surtout lorsque c'est écrit avec amusement et précision !
Aller sur le blog de Julien Bénéteau
 
par redaction publié dans : interviews
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Dimanche 17 juin 2007

Aujourd'hui j'ai le plaisir de partager avec vous ma e-rencontre avec Paul Baldacchino, la quarantaine, qui habite dans les Alpes Maritimes. Il exerce plusieurs activités dont celle notamment "d'écrivain public" (titre de son blog) : il donne des mots à celles et ceux qui ont du mal à les exprimer. Du coup, il les dépose aussi sur son "blog reporter" où il se plaît à nous faire découvrir sa région, les manifestations locales et les petits trucs qui font d'un blog un livre ouvert...

Qu'est-ce qu'un écrivain public ?

Je l'écris dans ma présentation : c'est un peu l'homme à tout faire du language, au service du public. Tantôt écrivain, tantôt rédacteur, tantôt un peu juriste... Il est la plume de bien des gens qui ont de belles idées mais ne savent pas les coucher sur une page blanche ou d'autres encore qui ne savent pas comment démêler les tracasseries administratives!

Pourquoi un blog ? Comment vous est venue l'idée ?
 
L'idée de créer un (nouveau) blog m'est venue pour faire connaître mes chroniques. C'est un lieu de libre expression à dimention mondiale.

En tant qu'écrivain public, vous donnez des mots à ceux qui ont du mal à les exprimer... qu'est-ce que le blog apporte aux internautes ?
 
J'utilise le terme d'écrivain public parce qu'il y a quelques années l'idée m'était venue d'en faire profession. Mais mon intérêt s'est ensuite porté davantage sur le reportage et la chronique que je développe sur mon blog et parfois même sur les ondes de Radio Maria France où j'ai animé une demi douzaine d' émissions interactives sur des sujets tels que, par exemple,  la condition des divorcés remariés dans l'Eglise Catholique, l'engagement associatif et la charité chrétienne ou le Téléthon. 

Vous n'avez pas l'angoisse du "post blanc" ?
 
Oui et non. Je ne tiens pas à me forcer à écrire. Je ne le fais que si j'en ai l'inspiration. Alors, il y a, en effet, parfois, une petite angoisse. Mais pas tant que cela. Heureusement que je n'en fais pas une source de revenus sans quoi j'aurais, effectivement, de sérieuses raisons de me préoccuper.

Etes-vous vous-même un lecteur de blogs ? Desquels ?

Je n'ai malheureusement matériellement plus le temps de surfer systématiquement sur d'autres blogs. Mais je le fais occasionnellement comme je le fis pour le vôtre, au demeurant fort appréciable. (Note : merci beaucoup !!!)

Note de la rédaction : voilà un blog comme je les aime, qui ne se prend pas la tête, qui parle de plein de choses diverses en restant curieux et ouvert. Je souhaite bon vent à son auteur sur les routes du web !

par redaction publié dans : interviews
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Mercredi 28 février 2007

Il n'a pas été facile à joindre mais entre deux avions, deux aventures, deux combats, Edgar Charles Mbanza s'est gentiment prêté au jeu des questions-réponses. Avec beaucoup d'humilité, il révèle dans son blog depuis juin 2006 sa vision de journaliste africain exerçant en Europe. En ces temps parfois troubles, cela mérite réflexion...

Première question... qui êtes-vous ?
J’ai 31 ans. Je suis d’origine burundaise, en Afrique des Grands Lacs. C’est d’ailleurs dans cette région que j’ai commencé le journalisme. Le génocide rwandais venait de montrer combien les médias (de la haine) pouvaient être destructeurs. Alors, un groupe de journalistes français et africains, avec des acteurs humanitaires comme Bernard Kouchner, ont lancé en 1996 la première radio dédiée à la paix dans la région. J’y ai exercé la responsabilité du Journal Parlé et d’un magazine hebdomadaire d’actualité pendant 3 ans. Dans une période de guerre et de crise sociale profonde, la radio en Afrique est un lieu extrêmement intense, professionnellement, humainement, socialement.

Pourquoi avoir lancé ce blog ?
Quand on est journaliste indépendant à Paris, et qu’on passe la majeure partie du temps à proposer des sujets, on se dit souvent qu’on devrait exister davantage sur la place publique, en dehors du circuit rédactionnel classique. Je pense que beaucoup de producteurs de contenus profitent beaucoup des nouvelles technologies, avec cette envie farouche d’exister à la fois publiquement et librement. Les blogs le permettent. Je viens de finir un sujet sur le Sida, et puisque une rédaction m’a pris juste 3 feuillets, et que j’avais envie de dire plus de choses, eh bien, je vais publier dans quelques jours 5000 signes sur le sujet, pour ceux qui sont plus intéressés par le sujet.

A vrai dire, j’ai aussi une autre motivation, en tant que journaliste africain avant toute chose. Les médias classiques ne parviennent pas à présenter convenablement le continent noir. J’espère que d’ici quelques années des professionnels fédérés par la blogosphère feront émerger une source d’informations fiables et organisée. Vous savez (je sais que vous  êtes aussi une pro de l’information), que les contraintes médiatiques (économiques, esthétiques, techniques, politiques,…) ne permettent pas de traiter convenablement des sujets aussi complexe que le développement, la démocratie, la pauvreté. Pour les journalistes, les blogs sont un excellent moyen de se libérer de ces contraintes. A mon avis, nous pouvons reconquérir la fonction originelle de l’information dans l’espace publique, avec une sphère médiatique de discussion, d’argumentation, de débat raisonnable ( au sens habermassien). Même pour les sujets peu vendeurs comme l’Afrique.

De quoi parle votre site ?
Mbanza.fr comporte deux parties. Une partie plus « promo » dans laquelle je présente mes dernières réalisations. En ce moment à l’affiche se trouve le film documentaire « Inzu ». La deuxième partie, c’est le blog proprement dit. J’utilise la solution dotgear que j’apprécie énormément. J’y signale mes articles parus dans la presse. Il y a aussi des contenus faits spécifiquement pour le blog, comme les sujets qui me sont chers mais qui n’intéressent pas les rédactions, etc.… J’écris par ailleurs, dans un style très subjectif, sur des thématiques d’actualité comme les élections françaises, l’Afrique, l’immigration, les droits de l’homme,...

Quant aux photos qui sont sur le site, certaines m’appartiennent. Mais la majorité (notamment celles qui sont prochainement mises en ligne dans le cadre d’un sujet spécial sur le Burundi), appartiennent à trois jeunes photographes qui m’ont accompagné lors du tournage du film Inzu. Aude Laroque, une historienne française qui travaille sur la région, Elisabeth Gelber, américaine spécialiste des médias, et Helena Bararuzunza, une jeune cinéaste franco-burundaise. Elles ont pris des instants magnifiques, avec un regard guidé par la joie de voir, d’entendre. Je n’aime pas les images qui sont prises pour illustrer une intention de communication. Elles trahissent la force du témoignage. Mes camarades ont saisi des instants de vie, des récits de vie pour comprendre, dans une démarche de découverte. J’aime beaucoup leurs photos. Elles sont en ligne bientôt.

Vous considérez-vous comme un blogueur engagé ?
Je suis naturellement un blogueur engagé, comme je me définis d’ailleurs comme un journaliste engagé. Je n’ai aucun complexe à l’assumer. Cela ne veut pas dire que je suis un communicant militant. Non. Je suis un journaliste engagé car j’ai décidé de consacrer la grande partie de mes moyens à travailler sur des problématiques sociales, à comprendre ce qui ne va pas dans les échanges, l’intercompréhension des différentes composantes de la société. Il faut bien sûr manger, gagner de l’argent, pour faire ce métier. Mais je préfère gagner moyennement ma vie mais bosser en accord avec mes convictions démocratiques. Cette position a beaucoup d’importance quand on travaille principalement sur l’Afrique. Plus spécifiquement sur blog, je suis aussi engagé quand j’exprime un sentiment de révolte sur certains discours dominants, sur la banalisation du racisme et de la xénophobie en Europe ; ou quand je me joins aux voix vigilantes. Car comme me le disait récemment le grand sage Stephane Hessel, résistant anti nazi, l’indifférence est aussi un crime.

Vous êtes journaliste radio, tv, presse écrite, web...d'où vient cette complémentarité ?
La polyvalence, je ne sais pas pourquoi. J’ai toujours pensé que le métier de l’information ne devrait pas être délimité par les techniques et les outils  de travail. En réalité, je suis passé d’un média à l’autre sans trop le demander. J’ai commencé par hasard avec la radio, puisque j’ai fait mon premier grand stage au sein de la rédaction de France Culture, et que mon premier contrat était avec une radio en Afrique. J’ai toujours été fasciné par le Nagra, les exigences de la réalisation et de la présentation du Journal. Mais il fallait élargir mes compétences puisque j’étais paradoxalement plus à l’écrit qu’à l’oral. Quand j’ai décidé de reprendre mes études en techniques de l’information, j’ai plus privilégié les options audiovisuelles et multimédia. Etre polyvalent, c’est aussi une stratégie de survie quand on compte faire du journalisme dans ce pays. C’est un monde assez fermé pour certains, comme vous le savez, et il faut mettre le plus de chances de ton côté.

Mot de la rédaction : évidemment, de tels sujets de société ne peuvent laisser indifférent. Le gros avantage de ce bog, c'est qu'il s'inscrit dans un site où circule plusieurs infos, notamment sur le film réalisé par Edgar Charles Mbanza, "Inzu", qui traite du douloureux problème des enfants soldats. Coup de projecteur donc sur ses billets online qui, je l'espère, éclaireront nos lanternes.

Aller sur le blog d'Edgar Charles Mbanza

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Lundi 29 janvier 2007

Nous voici à Balaruc les Bains dans le Midi, lieu que j'imagine aisément paisible et agréable. Thierry Crouzet a 44 ans et entre ses livres et son blog, sa plume ne s'arrête pas. Beaucoup de technos, de vidéos, de pensées et de bons mots... depuis un an, le blog de Thierry Crouzet regorge d'idées, notamment sur l'Internet et ses interactions dans notre vie au quotidien. Son nouvel ouvrage vient de sortir : découverte d'un e-observateur.

Vous êtes un passionné de nouvelles technologies et des sciences, vous avez été ingénieur et développeur… pourquoi et comment êtes-vous devenu journaliste ?
J’ai fait de l’électronique et de l’informatique dès que j’ai pu, commençant par démonter des postes TV, puis à programmer des calculatrices, la fameuse TI57, à la fin des années 1970. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Mon père était pêcheur, ma mère femme au foyer, personne ne m’a poussé à faire ça, c’était en moi, peut-être à force de lire de la SF.

Durant mes études supérieures, j’ai passé le plus clair de mon temps à faire du jeu de rôle. J’ai écrit des dizaines de scénarios et j’ai pris goût à l’écriture, finissant même par décider de devenir écrivain, sans doute après avoir rencontré Christian Lehmann qui venait de signer un contrat pour La folie Kennaway.

J’ai commencé mon premier roman en même temps que mon premier job d’ingénieur en 1988. Je n’ai pas publié ce roman, ni les dix autres qui ont suivi, mais je me suis vite rendu compte que le travail d’ingénieur ne me convenait pas. J’ai envoyé quelques lettres à des journaux d’informatique, j’ai été embauché par Soft & Micro, six mois après j’étais débauché par Ziff-Davis pour lancer PC Expert et PC Direct. Tout est allé très vite. En trois ans, j’étais passé de la technique à la presse.

Pourquoi avoir décidé d’ouvrir un blog ?
J’ai vaguement blogué dès 2001 en même temps que je développais bonBlog.com, une plateforme de blogs que j’ai très vite laissé à l’abandon et qui s’est transformée en un annuaire de blogs.

En 2005, j’ai écrit "Le peuple des connecteurs" dans mon coin, sorte de synthèse des années passées partagées entre la technique, la presse, la littérature, la philosophie, l’art, le jeu de rôle… Je voulais écrire un livre manifeste, un livre générationnel. En l’écrivant, j’ai pris conscience que nous vivions une convergence extraordinaire. Toutes les passions que j’avais gardées distinctes se rejoignaient.

J’ai vite compris qu’un seul livre ne suffirait pas pour explorer tout ça. Il me fallait continuer. J’aurais pu comme par le passé écrire dans mes carnets (qui se prolongent sur des milliers de pages), mais l’idée de connexion me poussa à ouvrir tout ça dans l’esprit open source. Le blog s’est alors imposé comme un laboratoire de mes idées.

Il s’adresse à tous ceux qui veulent continuer l’aventure avec moi.

Vous avez écrit de nombreux ouvrages sur l’informatique… Écrire pour un journal, un site web, un livre, un blog… selon vous, les formes d’écriture et de recherche sont elles diamétralement différentes ?
Elles l’ont été pour moi mais le sont de moins en moins. Tout cela est en train de fusionner. J’écris à la première personne dans le blog, mes livres, mon journal… même très souvent dans mes romans. Je m’inspire de Tolstoï, de Robert Musil et d’Hermann Broch qui tous ont mêlé au sein d’une même œuvre diverses formes d’écriture. Et tout cela ne fait que commencer. L’arrivée prochaine du livre électronique va encore tout révolutionner.

Pour vous les connecteurs sont les pionniers informatiques… vous définissez-vous comme un connecteur ? Pourquoi ?
Les connecteurs ne sont pas les pionniers de l’informatique mais tous ceux qui ont pris plus ou moins conscience de la pensée réseau, pensée révélée grâce à l’informatique. Cette pensée nous aide à voir le monde sous un jour nouveau et à y agir différemment.

La notion de connecteur n’était pas du tout usité avant mon livre. Lorsque j’écrivais, je n’avais d’ailleurs pas de nom pour parler des connecteurs… Je parlais plutôt de cybergénération. Mais ce n’était pas satisfaisant. Il me fallait un titre pour le livre. Puis, peu à peu, l’idée de connecteur s’est imposée, sans doute dérivée de la notion de connecteur déjà utilisée en marketing par Michael Gladwell. Pour finir, c’est mon éditeur qui a eu l’idée du titre final. Avec peuple, il était clair que le livre parlait de gens et non de prises électriques.

Alors, oui, je suis un connecteur, et je le suis aujourd’hui beaucoup plus qu’à l’époque où j’écrivais le livre. Il m’a forcé à mettre en pratique ce que je décrivais.

D’après vous, est-ce que’internet et les blogs changent la manière d’appréhender l’info, la politique… ? Le paysage Internet va-t-il encore se modifier dans les années à venir ?
Je suis très attaché à l’idée que nous ne pouvons pas prévoir l’avenir, d’autant plus aujourd’hui alors que nous entrons dans une phase d’innovation exponentielle. Je ne vais pas jouer au prophète. Ça va changer. En quel sens ? Je n’en sais rien. J’essaie avec mes moyens d’orienter dans la direction qui me semble la meilleure (ouverture, liberté, décentralisation, auto-organisation…). C’est ça faire de la politique.

Je crois d’ailleurs qu’il est déjà assez difficile d’appréhender les changements en cours pour s’occuper de l’avenir. Les blogs ne sont qu’un petit phénomène. C’est internet qui change le rapport à l’information car il transforme chacun d’entre nous en producteur d’informations.

Enfin, parlez-nous de votre nouvel ouvrage : "Le cinquième pouvoir"
Il s’adresse au grand public. Mon éditeur aime que je case une phrase marketing dans mes interviews alors je lui obéis « Le cinquième pouvoir est le premier livre qui explique comment devenir un acteur de la vie politique grâce à internet. » Je l’ai écrit pour essayer de réveiller tous les citoyens, en leur racontant les actions de certains précurseurs, en leur montrant combien la politique était en train de changer, en leur montrant surtout que, maintenant que nous pouvons agir, nous sommes responsables de l’état dans lequel le monde se trouve. Nous ne pouvons plus rejeter la moindre responsabilité. Je crois que personne n’avait anticipé qu’Internet nous amènerait à cette conclusion. C’est une chance inespérée car nous n’avons jamais été dans une situation aussi précaire à l’échelle planétaire. Nous sommes peut-être en train de découvrir des moyens de nous en sortir.

Mot de la rédaction : au début, ça peut laisser perplexe... parfois ça peut paraître complexe... mais au final, l'ère du temps est tellement numérique qu'on se laisse prendre au jeu de ces posts de société. Pas d'analyse poussée ou extrapolée, non, juste des faits, des rencontres, des constats. Et on se rend compte que sans le vouloir, à défaut d'être un connecteur, on en connaît tous au moins un :)

Aller sur le blog de Thierry Crouzet

par redaction publié dans : interviews
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Mercredi 27 décembre 2006

Pour cette dernière interview 2006, nous voici en Egypte, plus précisément au Caire, où nous accueille Arnaud Saint Jean. A 26 ans, ce journaliste voue une vraie passion à l'actualité et au quotidien de sa ville d'adoption. Il a d'abord édité un blog, puis un webzine, avec toujours la même envie de nous faire découvrir le quotidien d'un pays culturel aux facettes si antiques et si mystérieuses. A lire donc...

Quand et pourquoi avez-vous créé votre blog ?
Mon blog est né avec mon arrivée en Egypte, en août 2005. Avec le recul, je crois pouvoir dire que je l’ai créé avant tout pour prendre du recul justement : je débarquais dans un pays que je ne connaissais pas, tout allait très vite et j’étais censé – comble du journaliste parachuté ! – expliquer aux autres ce qui m’entourait. Et puis ce blog était une façon de m’entretenir. Je suis arrivé ici sans contacts, sans contrats. Mes premières piges en tant que correspondant, je ne les ai réalisées que 6 mois après mon arrivée…
 
A qui s'adresse-t-il et de quoi y parlez-vous ?
Honnêtement, je n’ai jamais pensé à mes lecteurs potentiels. Ce blog était sûrement un exercice de style, très perso dans la démarche. J’écris essentiellement sur l’Egypte du quotidien, celle qui m’entoure : la politique, les questions sociales et les choses qui surprennent. Je laisse aux photos la fonction de « carnet de bord – carte postale ».
 
Depuis quelques jours, vous avez lancé un webzine avec un confrère. Pourquoi avoir changé de "format" web ?
Question de crédibilité. En tant que freelance, je n’appartiens à aucun média en particulier. C’est un choix, tant mieux. En tant que blogeur, je ne mérite pas le statut de journaliste, auquel je tiens beaucoup et que j’entends défendre. Un webzine, s’il est fait sérieusement, demande la même rigueur que n’importe quel mag. La relation aux lecteurs est complètement différente. Un webzine responsabilise beaucoup plus. Ça joue sur ma discipline quotidienne… et j’en avais besoin ! Je crois que « Alif » m’apporte cette stabilité qui me manquait. Avec cet aspect inestimable que le média m’appartient ;-) Sans parler de l’excitation de créer son propre canard ici, en Egypte…
 
Des reportages pour une radio, un blog, un magazine en ligne... quelles sont les différences de traitement de l'info (si il y en a) ?
Dans le fond, j’essaie de respecter les grand principes du journalisme : en gros, proposer une info vérifiée, dépassionnée. Ensuite, tout est dans la forme. Le blog permet davantage les humeurs, quoique le webzine soit assez souple à ce niveau là. Pour la radio, qui reste le média qui m’amuse le plus, on est plus dans la création, quand il s’agit de reportages : on joue avec les sons, le rythme et les mots… L’objectivité du journaliste étant un leurre, j’essaie de m’en tenir à quelques objectifs très modestes. Notamment éviter tous ces stéréotypes sur le monde arabe dont tant de médias se régalent.
 
La population égyptienne s'intéresse-t-elle beaucoup à Internet, aux blogs et aux nouvelles technologies ?
Oui oui et oui. Et quelle aubaine pour eux ! Vous savez, l’Egypte reste un superbe modèle de « dictature douce », où la liberté d’expression est sacrément secouée. En même temps, le pays s’ouvre aux nouvelles technologies. Le résultat était prévisible : depuis quelques années, les blogs égyptiens fleurissent, explosent, disparaissent, réapparaissent… Les frustrations et les interdits y trouvent un sacré terrain de jeu. Ce n’est pas gratuit : de nombreux blogeurs se retrouvent en prison et les pressions sont constantes, mais doucement la toile égyptienne s’organise. C’est assez militant, très partisan, mais c’est bon pour la jeunesse et la société civile. Au début des années 2000, « manifestation » était un mot sans aucun sens ici. Aujourd’hui, les blogs égyptiens diffusent les images de brutalités policières. La toile accompagne le changement. Et elle le nourrit aussi.
 
Enfin, racontez-nous une de vos journées de travail...
Vous êtes certaine de vouloir savoir ? Bon… et bien, après mon footing matinal autour des pyramides, je rejoins à la nage ma falouq sur le Nil, où mes scribes copient sur du papyrus mes dernières idées de reportages… Chuuuuuut ! c’est secret de fabrication !

 Mot de la rédaction : le blog n'est plus tenu à jour mais dispose de magnifiques photos qui réchauffent en ces temps de grand froid ! Et puis, bon nombre de posts sont toujours d'actualité... Quant au webzine, il présente des rubriques basiques mais essentielles sur l'Egypte moderne. On y parle d'autre chose que de tourisme et de pyramides... et surtout, on apprend !

Aller sur le blog Vues du Caire
Aller sur le webzine Alif

par redaction publié dans : interviews
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Lundi 11 décembre 2006

Elle s'appelle Corinne, la quarantaine tout juste entamée, et dans la blogosphère, elle a trouvé un créneau porteur et novateur. Du coup, elle est très sollicitée ! Toutpourelles est un blog consacré certes aux femmes, mais avant tout à leurs vies professionnelles. Un blog de businesswomen ou de geekettes ? Loin de là ! On y parle carrières, soucis quotidiens, clins d'oeil et réflexions... bref, un blog écrit par une journaliste femme, donc curieuse et débrouillarde :), pour les femmes, leurs copines et les hommes qui gravitent autour. Parce qu'on le vaut bien... Et même débordée, Corinne a casé notre interview dans son agenda, avec le sourire et la pêche qui la caractérisent :

Quand et pourquoi avez-vous créé ce blog ?
Ce blog, créé fin avril 2006, est né d’une envie de partager des informations et des expériences sur la thématique des femmes et du travail. Comme je suis également journaliste spécialisée depuis plus de 15 ans dans l’emploi et la formation, il m’a semblé légitime de partager mes connaissances sur le sujet, en particulier vis-à-vis d’un public que je connais bien pour l’approcher d’un point de vue professionnel et personnel, et dont je fais aussi partie.

Est-ce un blog féministe, destiné uniquement aux femmes ?
Non. Les hommes sont les bienvenus et ne se gênent d’ailleurs pas (enfin, je l’espère…) pour venir mettre leur grain de sel. Leurs remarques sont toujours pertinentes et souvent pleines d’humour. Ce blog ne se veut pas un espace, ni un relais pour les féministes « pures et dures ». Je ne suis pas une extrémiste, ni une militante. Juste une femme qui cherche à sa manière à aider les autres femmes, à les faire parler de leurs souhaits et envies professionnels.

Quels sujets évoquez-vous ?
Ils évoquent la recherche d’emploi, le travail occupé dans une entreprise, l’évolution de carrière, la formation, la création d’entreprise… Les angles peuvent être graves ou plus légers. J’ai par exemple abordé le thème du harcèlement sexuel, des indiscrétions des recruteurs lors des entretiens, etc... Je sollicite les femmes sur leur image idéale du patron, sur le pourquoi de leur orientation professionnelle, sur leur salaire. Je parle aussi des initiatives prises par des associations de femmes qui oeuvrent pour aider leurs consoeurs.

Vous avez un lectorat qui commente beaucoup vos posts : comment l'expliquez-vous ?
Je pense que les femmes trouvent sur ce blog un espace d’échanges et de dialogue dans lequel elles peuvent partager leurs idées et exprimer leurs avis, sans être jugées. Elles se savent « écoutées », lues et comprises.

Etes-vous vous-même une lectrice assidue de blogs ?
Oh oui ! Je passe plus de temps ailleurs, sur d’autres blogs que sur le mien. J’ai référencé les flux d’une centaine de blogs de femmes et d’hommes que j’apprécie tout particulièrement. Et j’y passe souvent des soirées entières…

Mot de la rédaction : ce blog avant tout axé sur la carrière des femmes ne parle pas que de boulot, métro, dodo et vie pro... oui, trouver sa place dans une entreprise est importante, mais ne constitue pas l'essentiel d'une vie de femme. Toutpourelles évoque un quotidien pas toujours facile, pas toujours aussi rose que le graphisme du blog, mais toujours imbibé d'optimisme et de curiosité. Et un grand bravo à Corinne pour son prix du Blog d'Or 2006 :)

Aller sur le blog de Toutpourelles

par redaction publié dans : interviews
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Mardi 28 novembre 2006

Et voilà :) Après une petite pause, me revoilà sur la Toile, prête à ouvrir mes yeux et mes oreilles en grand pour mieux vous faire part de mes e-rencontres avec des journalistes blogueurs. Nous voici aujourd'hui avec Jean-Rémi Baudot, 24 ans. A quelques jours de son départ pour Londres où il va rejoindre la rédaction de Bloomberg TV, il répond aux questions et promet dans cette interview de continuer à tenir à jour son blog :)

Votre blog est un blog professionnel qui illustre vos articles et productions. Pourquoi avoir décidé de vous promouvoir sous forme de blog ?
La réflexion de départ est qu'il est, selon moi, indispensable d'avoir une net-visibilité quand on est journaliste et qu'on cherche à faire connaitre son travail. En quelques secondes grâce à Google, un recruteur, un red'chef ou tout autre confrère doit pouvoir accéder extraits de mon travail. Voilà pourquoi, je suis passé au net.
 
A qui s'adresse-t-il ?
En fait, la cible a évolué. A la base,c 'était vraiment un "book", un "CV en ligne" destiné aux recruteurs éventuels. Ca me permettait de leur dire "cliquez ici et voyez mon boulot", plus simple et moins coûteux que d'envoyer des tas de maquettes par la poste. Et puis au fur et à mesure, j'ai ouvert le site sur des sujets d'actu sur lesquels j'avais travaillés. Par exemple, le délicat sujet du "happy slapping" que j'ai sorti sur RMC et dans VSD près de 2 mois avant que la plupart des médias s'y intéressent. J'ai tous les mois entre 1000 et 1500 connexions sur ces posts de mon blog. Et très régulièrement, j'ai des sollicitations à ce sujet. Je mets aussi en ligne des projets de production sur lequel je travaille. Enfin, ce blog me permet aussi de communiquer sur mon travail pour mes proches qui n'ont pas forcément accès aux médias dans lesquels je travaille. Bref, c'est un peu pour tout le monde, c'est une vitrine.
 
Le web est-il un bon relais pour les podcasts ? D'après-vous, pourquoi un tel engouement ?
Oui, c'est vraiment super. J'ai beaucoup travaillé en radio et sur des projets web et je pense qu'Internet est vraiment un super relais pour l'info et toutes les formes de programmes. C'est même un nouveau mode de consommation, peu de médias exploitent vraiment cela à fond mais Internet permet de ne plus être restreint à une grille des programmes classiques... c'est "quand je veux". Je crois beaucoup à tout ce qui est "contenu à la demande". Quand on travaille beaucoup, on n'a pas forcément le temps de regarder ou d'écouter telle ou telle émission, la VOD est essentielle pour cela.
 
Et vous, lisez-vous beaucoup de blogs ?
Je dois bien avouer que je passe très peu de temps à lire des blogs sur le net. Celui sur lequel je vais le plus, c'est celui d'un de mes amis qui est parti travailler à Montréal. Je pense que maintenant que je pars bosser à Londres, mon blog va tourner un peu plus perso même si j'ai encore du mal à écrire des choses trop personnelles. A suivre !!

Mot de la rédaction : Le blog de Jean-Rémi Baudot est très diversifié. On y parle de beaucoup de choses, sous différentes formes, du coup, c'est intéressant à lire pour son côté "fourre-tout". Et bravo pour la clareté graphique de la présentation !

Aller sur le blog de Jean-Rémi Baudot

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Vendredi 27 octobre 2006

Aujourd'hui, nous voici dans le Limousin. Olivier S. vit en Corrèze, où il exerce le métier de photographe de presse. Plutôt discret, presque étonné d'avoir été contacté, cet homme d'images préfère ne pas diffuser la sienne : "ce blog n'est pas destiné à me mettre en avant". Son blog, qui regroupe plusieurs de ses clichés, est dédié à Brive, la ville où il réside, et surtout à ses habitants. L'actualité qu'il couvre lui permet d'être au contact quotidien des Brivistes qui le connaissent bien sûr. Quant à nous, faisons connaissance :

Depuis combien de temps votre blog existe ?
Le blog aura très bientôt un an. Je ne pensais pas, au moment de sa création, qu'il vivrait aussi longtemps. Mais je me suis pris au jeu. Publier sur le blog me permet de regarder plus attentivement mes images, de les voir différemment, de repérer pas mal de mes automatismes de prises de vue aussi... Pour l'instant, faire vivre mon blog m'amuse. Le jour où ça ne m'amusera plus, j'arrêterai sans regret.

Pourquoi avoir décidé de lancer votre blog ?
Il me semblait intéressant de montrer la réalité du métier de photographe dans la PQR, avec des reportages sur des thèmes très différents et qui, souvent, s'enchaînent très vite dans une même journée. Aujourd'hui, je suis fasciné par le nombre quotidien de connexions uniques sur mon blog (souvent plus de 200), alors que j'ai fait le choix de ne pas rentrer dans le jeu des échanges de lien et que je ne me suis fait quasiment aucune "pub" via d'autres sites. Mes statistiques me permettent de voir que près de 75% des connexions quotidiennes sur mon blog se font de manière directe. J'ai donc des visiteurs fidèles. Et... je ne sais pas pourquoi finalement. Je n'arrive pas vraiment à saisir la démarche qui consiste à aller voir quotidiennement une simple photo, sans texte... J'en profite d’ailleurs pour passer ce message : si des visiteurs de mon blog souhaitent me faire parvenir, par mail, les raisons qui les poussent à visiter régulièrement mon blog, je serai preneur ! J'aimerai comprendre.

Comment choisissez-vous les photos que vous mettez en ligne ?
Le choix est vite fait car je ne fais que peu de photos lors des reportages. Explication : je suis désormais photographe ET rédacteur. Les photographes vont hurler au sacrilège - et ils auront raison - mais il s'agit là d'une situation de plus en plus courante dans la PQR. Il faut tout faire. Par contre, contrairement à pas mal de confrères qui, eux aussi, font texte et photo, je ne crois pas être un rédacteur qui fait des photos, mais plus un photographe qui, accessoirement, écrit. Si le choix de mes photos n'est pas très étendu, c'est justement parce que je cumule ces deux fonctions. Concrètement, sur le terrain, il est impossible d'écouter, de prendre des notes, de questionner et, en même temps, de faire des images. Souvent, je suis contraint de faire mes images avant ou après les discours des uns et des autres. Les photos se font donc dans un laps de temps relativement court qui ne me permet pas de multiplier les angles ni même de changer de focale. Mais, serais-je masochiste, ces contraintes, même si elles engendrent une vraie frustration parfois, me motivent également.

J'en viens d'ailleurs à moi-même me poser des contraintes de focale ou de temps pour réaliser des images en dehors du contexte professionnel ! Un exemple concret figure sur trois articles publiés sur mon blog les 2 et 3 septembre. Alors que je faisais de la photo juste pour me faire plaisir (ce qui ne m'arrive finalement pas si souvent), je m'étais posé une contrainte de temps : 20 minutes pour réaliser 3 séries différentes sur le thème de l'aviron. J'aime beaucoup ce genre d'exercice. Car finalement, je crois bien que je ne sais plus prendre mon temps pour réaliser une image. Il faut que je travaille dans l'urgence. Toujours.

Vous photographiez surtout les gens en situation : pourquoi cet angle ?
Tout simplement parce que je ne choisi pas mes sujets. Ils sont ceux que l'actualité locale m'impose, voila tout... Une fois encore, j'aime avoir des contraintes et ne pas choisir mes sujets est la plus formidable des contraintes. Tout l'intérêt de travailler pour la PQR réside justement dans la variété des sujets à traiter. Alors, bien sûr, je ne suis spécialisé en rien. Mais je touche à tout. Et je considère ça comme une vraie chance.       

Internet, et plus particulièrement le blog, est-il un bon format pour exposer ses photos ? Pourquoi ?
Le net est un formidable outil pour l'actualité. Les infos arrivent vite. Pas toujours bien certes, mais vite. Alors, même si le support papier est évidemment indispensable pour s'informer en prenant son temps, l'info sur le net va forcément se développer. Et il me semble que la forme blog est parfaitement adaptée à cette évolution déjà en marche. S’il vient à être créé, un véritable blog d’information locale obligera en quelque sorte, avec ce système des articles les plus récents qui « poussent » les plus anciens vers la sortie, le visiteur à se connecter régulièrement afin de ne rien louper et, donc, dans l‘autre sens, un blog d’information devra être ultra-réactif sous peine de voir l’internaute s‘en détacher très rapidement et ne plus jamais y revenir. Et là intervient le rôle de la photo. Car c’est bien la photo qui va permettre de fidéliser l‘internaute.

Dans la PQR, la photo est la vitrine de l'article. Sur un blog d‘information, cette vitrine devra être encore plus efficace car le rythme de publication ne permettra pas d’avoir des infos très fouillées et la photo se devra de compenser un article forcément court en jouant à fond son rôle informatif. Dans la PQR, trop souvent, la photo n’est plus informative et n’est qu’un bouche-trou. On taille la photo afin de combler l’espace généreusement laissé par le rédacteur.

Je trouve très dommage que la PQR ne considère pas mieux la photographie et se contente trop souvent de rédacteur armé d'un compact numérique qui font une image souvent sans grand intérêt, histoire de boucher un espace dans la page. Même si, n'ayant pas d'autre choix, je contribue à ce système, je ne l'approuve pas et pense que c'est l'une des raisons qui peut expliquer la chute du nombre de vente de pas mal de journaux. Car le lecteur n'est pas dupe. Même sans être forcément initié à l'image, il voit bien quand une photo a été bâclée et n‘apporte rien à l‘article. Un journal, quel qu’il soit, coûte cher à l'achat. Si le lecteur a le sentiment que ceux qui conçoivent un journal ne s'investissent pas eux-mêmes à fond en se donnant les moyens de l'informer de la meilleure manière possible, pourquoi lui irait-il investir quotidiennement dans l'achat de ce journal ? Pour être tout à fait franc, il y a aussi des journaux de PQR qui ont des "vrais" photographes qui n'écrivent pas, mais qui sont incapables de sortir une bonne image... Eux, à la différence de ceux qui font texte et photo, sont vraiment inexcusables. Mais c'est un autre sujet.

Et vous, regardez-vous beaucoup de blogs ?
Je ne rends pas forcément visite aux mêmes blogs tous les jours. Je "surfe". J'aime bien le blog de John-Paul Lepers ou l'audio-blog de Luc Saint-Elie pour ne citer que ceux-là.

Mot de la rédaction : premier blog de photographe mis en avant dans nos colonnes... les photos d'actualité ont un petit côté "proximité" qui fait plaisir à voir sur le web. Les sujets évoqués sont donc bien diversifiés, les angles de vue également. Très bon blog :)

Aller sur le blog d'Olivier S

 

par redaction publié dans : interviews
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Mercredi 18 octobre 2006

Nous voici à New York, grande ville mythique américaine qui grouille d'idées et de monde. La journaliste d'origine suisse et italienne Maria Pia Mascaro, 43 ans, nous propose de nous raconter sa ville d'adoption, à travers son blog qui nous fait partager son quotidien au coeur de la Grosse Pomme. Entre deux reportages, toujours pressée et bookée (ça ne vous rappelle pas une certaine Carrie Bradshow ?), Maria Pia Mascaro s'est posée le temps de quelques réflexions.

A propos du lancement de votre blog il y a plus d'un an, vous écrivez : "C'est en écoutant Little Annie dans un loft du Bowery que je me suis décidée." Pourquoi ce déclic ?

Il y a longtemps que j’avais envie de commencer un blog, mais je ne cessais de remettre a plus tard, par peur de ne pas avoir suffisamment de temps surtout. Le déclic est effectivement venu au sortir d’un concert de Little Annie, dans le Bowery. Ce fut un moment magique et tres intime, en raison sans doute des circonstances, Annie venait de perdre un ami quelques jours plus tôt, le concert lui etait dédie. Et j’ai compris que j’avais précisement envie de parler de ces moments qui ne font jamais la Une nulle part. En tant que journaliste, il y a toujours mille details qu’on laisse en dehors de nos sujets, par manque de place, parce qu’ils ne correspondent pas forcément au theme demandé ou ne correspondent pas à la sensibilité de votre éditeur (et oui nous devons composer aussi avec des éditeurs). Le blog, pour moi, c’est un peu le lieu de ces moments qui n’entrent pas des mes articles ou mes films.

Pourquoi avoir décidé de l'écrire en français et en anglais ?

Je me suis longtemps posée la question des langues. Le Français était une évidence, puisque c’est ma langue maternelle. Quant à l’anglais, j’avais surtout envie de créer un lien avec mes amis américains et sentir si mes observations d’européenne trouveraient un echo aupres d'un public anglophone. J’hésite encore parfois a renoncer a l’anglais car la surcharge de travail est importante, d’autant que je ne fais pas de la traduction pure d’une langue a l’autre. Mais j’ai décidé de poursuivre dans les deux langues pour l’instant, je ferai sans doute un bilan avec appel aux lecteurs anglophones lors du premier anniversaire du blog.

Quels sont les sujets que vous évoquez le plus ?

New York, la politique américaine vue par le petit bout de la lorgnette, j’aime aussi raconter des faits divers qui disent souvent bien la mentalité d’un pays. Enfin, j’essaie de privilégier toujours des récits d’événements auxquels j’ai participé. J’évite en général le commentaire d’actualité.

Est-ce que NY est une ville "branchée" sur les nouvelles technos ?

Honnêtement je ne peux pas répondre a cette question, j'utilise les nouvelles technologies mais je ne suis ni férue ni spécialiste dans le domaine. J’ai souvent une longueur de retard dans le domaine.

Et enfin… être journaliste à New-York, c'est comment ?

Vaste question. C’est passionnant c’est sûr, malgre les hauts et les bas dans la relation de l’Europe ou de certains pays européens avec Washington. Les Etats-Unis exercent une fascination constante, ce qui veut dire pour un journaliste une infinité de sujets à développer. Par sa situation unique de capitale économique, culturelle et médiatique du pays, New York est une place d’observation privilegiée. Je dis parfois que les sujets se ramassent dans la rue ici, et c’est un peu vrai. Survivre a New York est une autre histoire, mais apparemment je m’y suis faite.

Mot de la rédaction : le blog de Maria Pia Mascaro est très sympathique à lire. On marche avec son regard, on traverse ses rencontres, les situations ordinaires et l'actualité qui titille sa curiosité.
On ressent à la fois la new yorkaise d'adoption et la journaliste expatriée. Dualité ? Non, jolie complémentarité exprimée dans chaque post.

Le blog de MariaPia

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